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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 01:10
Ce bouquin me plaît bien pour plein de raisons :
- L'auteur est originaire de Picardie, ma région (même si j'y suis pas très attachée et si, dieu merci, je n'ai pas l'accent picard !)
- Il a aussi écrit une biographie de Renaud (et participé à un autre bouquin sur Renaud avec Thierry Séchan)
- Un des personnages est un républicain espagnol qui a fui l'Espagne de Franco
- Le personnage principal souhaite ne pas suivre un destin tout tracé, ça m'a rappelé ce que disait Cali dans "Rage"

Je crois qu'aucun livre ne m'avait autant plu depuis La mécanique du coeur.
Donc je l'ai aimé déjà pour tout ce dont je vous ai parlé plus haut. En plus la femme du républicain espagnol s'appelle Maria. C'est un beau livre sur la lutte des classes, le combat des ouvriers pour obtenir des droits. Une belle leçon d'histoire, sur 36 et le front populaire. Il y a aussi un moment où le narrateur raconte une escapade en stop jusqu'en Suède pour rejoindre un amour de vacances, ça m'a rappelé la fugue de Cali en Irlande.
L'histoire, c'est la rencontre et l'amitié entre un jeune étudiant en philo qui travaille de nuit pour payer ses études, et Luis, un républicain espagnol. Comment ce dernier va prendre l'étudiant sous son aile, lui apprendre tout ce que l'université n'enseigne pas et sans doute influer ainsi sur ce qu'il deviendra. Et ce, à l'aide de lectures d'articles d'époque.

Dans ce livre, il y a un beau passage sur le poing levé (là encore forcément une pensée pour Cali), apparemment issu d'un article paru dans Le cri du peuple du 5 juillet 1936 :
"Le poing levé, ce n'est pas le poing de l'ennemi qui menace, ce n'est pas le poing du malfaiteur qui détruit. C'est le poing du semeur levé pour épandre sur la glèbe féconde, la blonde semence qui fera notre pain de demain, le pain de nos enfants et votre pain à vous, les heureux de la terre, qui regardez travailler les autres.
C'est le poing du forgeron levé pour abattre sur l'enclume sonore le lourd marteau qui façonne le soc de la charrue.
C'est le poing du bûcheron levé avec la cognée pour abattre l'arbre séculaire destiné à soutenir le toit qui abrite la nichée.
C'est le poing de tous les travailleurs levé pour construire et non pour détruire.
Sans ce poing qui vous effraie, que vous devriez contempler à genoux, vous seriez, vous les puissants de la terre, des infirmes mourant de faim auprès de vos monceaux d'or inutile !"

Et puis il y a aussi dans ce livre des passages très poétiques qui n'ont pas laissé insensible la grande fan de poésie que je suis.
Un exemple :
"L'air marin rend le tapis blanc chagrin. L'atmosphère marine, la neige chagrine. L'hiver est très vite larmoyant. Pendant deux ou trois jours, la ville fait sa moche. Les mains au fond des poches, on piétine dans une boue grise, mélasse qui lasse, une neige sale que l'on sale pour que le sel arrive à vaincre le gel. Le bitume très vite s'enrhume, les trottoirs ont la niflette, et la glace qui fait que le vergals verglace, s'efface."


Ce n'est pas dit clairement mais je soupçonne fortement ce livre d'être pas mal autobiographique.
En tous cas je vous le conseille vivement !

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Published by isalil - dans Lectures
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