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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 23:45
Je reviens tout juste du théâtre, où j'ai vu La douleur, de Marguerite Duras, mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang, interprété par Dominique Blanc, et je suis comme en état de choc.
C'est donc tiré d'un roman autobiographique de Marguerite Duras, où elle relate l'attente, en avril 1945, de son mari déporté...
Toute la première partie raconte donc cette attente, l'espoir qu'il soit encore en vie, la peur aussi... Par moments, elle est persuaduée qu'il va revenir. A d'autres, elle a la certitude qu'il est mort, elle l'imagine, le voit, là, dans un fossé, au milieu de tant d'autres corps... Les mots, déjà, sont durs, criants de vérité. Mais l'interprétation ne colle pas à ma sensibilité, je n'accroche qu'à moitié. Par moments, c'est un peu répétitif. Et je suis prise d'un gros coup de fatigue, je décroche un peu... ai-je dormi ? (pour ma plus grande honte...) Je reprends le fil, me sens toujours fatiguée.
Et soudain... soudain arrive le moment où elle reçoit ce coup de téléphone lui annonçant qu'il est vivant, il est à Dachau... et il faut venir le chercher immédiatement, il ne tiendra pas trois jours... Deux de ses amis font le voyage. Et tout à coup, me voilà tétanisée, scotchée à mon siège, les yeux grands ouverts sur l'horreur. Cette horreur qu'on connaît, qu'on a lue dans les livres d'Histoire, et que je prends soudain en pleine face. J'ai froid soudain. Besoin d'enrouler mon écharpe autour de mon cou, de mettre mon manteau sur moi comme une couverture. Les mots sont durs, les mots sont justes, les mots sont vrais. Ils disent l'horreur. Ce qu'un homme a pu devenir, par la faute, par la volonté, d'autres hommes. Il n'y a pas de mots pour exprimer ce que je ressens. Je ne pleure pas, je ne me sens pas triste ou bouleversée, je suis juste immobile, incapable de bouger et, si je devais parler, je ne suis pas sûre qu'un son parviendrait à sortir de ma bouche. C'est fort, ça vous prend, ça vous saisit. Vous êtes face à cet homme, vous voyez ses 38kg pour 1m78, vous assistez à son combat contre la mort, son long combat. C'est bien plus fort que les photos de corps décharnés ou de charniers que j'ai pu voir. C'est au-delà des mots. Une heure après, je n'en suis toujours pas remise, je suis toujours groggy, KO, en état de choc.
Je veux lire le livre. Vite.

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Published by isalil - dans Lectures
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